Association
Les amis de l’Ermitage
Ermitage de Tous-les-Saints-de-la-Terre-RusseSaint-Hilaire-le-Grand
Bienvenue
Mourmelon, le 14 aôut 1985
ARCHIMANDRITE JOB À TOUS LES MEMBRES DE L’ASSOCIATION « LES AMIS DE L’ERMITAGE »
Chers amis,
Tenant compte de mon âge et de mon état de santé, je veux m’adresser à vous afin que vous preniez en compte mes dernières volontés et dispositions concernant le Skite.
Le Skite a été fondé par le Père Alexis Kireyevsk en 1932. Son objet était la prière incessante pour les soldats russes tués et pour tous ceux qui s’adresseraient avec la demande de commémoration des proches – ce qui a été réalisé jusqu’à ce jour.
Je tiens à rappeler que dans le futur également, le Skite est exclusivement destiné à cette fin.
Je crois fermement, qu’il y aura un moine, des moines ou des moniales, d’une juridiction ou d’une autre, qui voudront poursuivre l’œuvre de prière et de vie monastique au Skite, initiée par Père Alexis.
Les premières années de vie du Skite furent très difficiles sur le plan matériel, et les moines vivaient dans une grande pauvreté ; cependant, durant de nombreuses années, quelques ressources financières se sont accumulées, qui aideront le prochain higoumène à assurer l’entretien et la gestion du Skite.
Histoire de l’Ermitage

Père archimandrite Alexis Kireewsky est né dans la nuit de la Pentecôte, le 31 mai (Ancien style) 1870 dans le domaine de ses pères, au village Annensko du district Livensky, de la province d’Orlov. Une seule-fois dans sa vie (en 1943) cette fête eut lieu de nouveau un 31 mai. Le Père Alexis décéda le 4 Juin (ancien style) 1945, le dernier dimanche avant la Pentecôte, la semaine des Saints Pères du Premier Concile.
Les difficultés, dans l’émigration, d’une vie monastique ne m’ont pas permis de noter tout ce que le Père Alexis disait en général, et de lui en particulier. J’écris ce dont je me souviens. […]
Dans les premiers temps de sa présence à l’Université, il se produisit un fait qui lui fit prendre conscience qu’il était chrétien et devait se conduire comme tel. Les jeunes étudiants, en uniformes neufs et avec leurs épées, s’étaient groupés dans un coin d’une salle. Un étudiant plus âgé s’approcha d’eux, et commença à leur expliquer, que maintenant ils étaient adultes et qu’ils n’avaient plus besoin de vivre selon les préceptes de leurs parents, que le mariage était un préjugé, etc. et il les invita chez lui.
Tout le monde accepta sauf le père Alexis. L’étudiant insista auprès de lui, mais celui-ci sans bien se rendre compte pourquoi, refusa. Tout le monde l’entoura, s’étonna, le questionna. « Dites-nous vos convictions » dit l’étudiant plus âgé. Le père Alexis ne sut que répondre, s’adressa en son for intérieur à Dieu en le priant de l’inspirer. Et c’est là qu’il sentit ses obligations morales en tant que chrétien et répondit fermement, d’un air décidé : « je n’irai pas car je suis chrétien, laissez-moi aller » et il partit.
De ce jour il sentit en lui une fermeté morale qui fut toujours un de ses traits dominants, fermeté qui l’aida à choisir entre servir Dieu ou complaire au « Moi » « . Pour garder sa chasteté, le père Alexis dut entrer en lutte avec ses collègues du lycée Katkov qui essayaient de le détourner du droit chemin et qui lui versèrent même une fois un mélange érotique. C’était à l’époque où il vivait à l’internat du lycée Katkov.
Je cite les paroles mêmes du père Alexis qui furent notées par le père Séraphin concernant cette période de sa vie : « ayant décidé de rompre définitivement avec ce monde, je laissais le lycée Katkov, et m’installai à l’hôtel Peterhof qui se trouvait dans la rue Mochovoï près de l’Université, en face du Manège. […]
l’Ermitage jusqu’à nos jours
L’Ermitage de Tous-les-Saints-de-la-Terre-russe près de Saint-Hilaire-le-Grand en Champagne jouxte le Cimetière militaire du Corps Expéditionnaire Russe en France. Cet ermitage fut fondé par l’archimandrite Alexis (Kireevsky) (1870-1945), qui avait passé 26 ans au Mont Athos, avant d’être appelé en 1925, pour être aumônier d’un couvent et orphelinat russe de la région parisienne. C’est après avoir participé au pèlerinage annuel au Cimetière qu’il ressentit la nécessité d’une prière continuelle pour les officiers et soldats de l’Armée Impériale Russe qui avaient donné leurs vies pour la France au cours de la Première Guerre mondiale et, pour la plupart, étaient oubliés des leurs.
Dès 1930, il acheta sur ses fonds propres une petite parcelle accolée au cimetière, mais il lui fallut encore deux ans avant de pouvoir s’y installer avec deux novices : Josaphat (Dmitri Nikitine) et Barlaam (Victor Karakaï), futurs pères Job (1896-1986) et Séraphin (1894 -1945). Tous deux avaient servi dans l’artillerie pendant la Première guerre et après leur démobilisation s’étaient retrouvés à Paris, où ils étaient devenus les fils spirituels du P. Alexis. Les premières constructions, datant de 1932 (église, habitation et remise), étaient faites de planches et de matériaux de récupération ou achetés aux puces. Le père Alexis avait souhaité que l’église soit dédiée à Tous les Saints de la Terre Russe. Elle fut consacrée en 1932 par le métropolite Euloge (Guéorguievsky), archevêque des Eglises Russes en Europe Occidentale.
Les trois moines suivaient la règle athonite. La vie était très rude, la terre étant peu fertile et la communauté très pauvre. La période de 1940 à 1945 fut particulièrement difficile : ils subirent un incendie en 1941 puis furent évacués et retrouvèrent l’ermitage saccagé à leur retour. Mais grâce à l’aide et la bienveillance des habitants des environs, ainsi qu’au soutien de Russes de l’émigration, leur vie s’améliora peu à peu. Une petite communauté paroissiale se constitua, regroupant les Russes de la région.
